Les écritures aléatoires

2020

Les écritures aléatoires


Paysagiste, je m’exporte habituellement dans des territoires que je peux « fantasmer  » autant que vivre. Ils naissent autant du réel que de mon imaginaire. La distance étant un terreau fertile pour l’œuvre à venir.
En 2019 un enchaînement d’incidents climatiques avec des conséquences étendues et durables m’a amenée à progressivement polariser mon regard sur mon espace paysager familier, sévèrement impacté.
J’ai commencé Les écritures aléatoires début février lorsque j’ai enfin osé regarder mes alentours, prendre la dimension du désastre produit par la grêle estivale et la tempête de la neige, sortir de ma stupeur et mon déni, me décider à n’en garder que l’idée d’une poésie involontaire, d’un mikado improbable qui réinvente le paysage. Des lignes d’écritures.
Aujourd’hui,  telle une caisse de résonance, ce chaos végétal réverbère avec une violence nouvelle la situation actuelle de la pandémie et du confinement imposé. Je continue à arpenter mon territoire dont le périmètre est resté le même. Un km en étoile, infiniment petit et pourtant si complexe. Mais, à y regarder de près, ce désordre échappant à toute logique se verdit partiellement, se révèle en mouvement, se relève tant bien que mal et n’est en rien figé. C’est là, ici, sous mes yeux, que je vois le paysage en miroir du monde.

    Beatrix von Conta, 2020

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